Nous sommes en 2054 à Paris. Ilona Tasuiev, une jeune scientifique employée par une grande firme, Avalon, enviée par tous pour sa beauté et son intelligence, est enlevée. Un flic de choc, Karas, spécialiste des affaires de kidnappings, est chargé de la retrouver.
Mais il se rend vite compte qu'il n'est pas le seul à rechercher Ilona, qui semble intéresser beaucoup de monde, en raison semble-t-il d'un secret d'une portée énorme qu'elle détiendrait. Karas a besoin de l'aide de la soeur d'Ilona, Bislane, qui se montre d'abord réticente. Une véritable course contre la montre commence pour retrouver la jeune scientifique...
"Renaissance" surprendra beaucoup de spectateurs par la technique d'animation qui a permis sa conception, la Motion Capture. Utilisée parfois pour les jeux vidéo, et plus récemment au cinéma dans "Polar Express" de Robert Zemeckis, elle permet d'enregistrer l'intégralité et la souplesse des mouvements de comédiens pour les appliquer ensuite sur des personnages virtuels en trois dimensions.
Cette technique donne une qualité d'animation très réaliste, avec un procédé qui semble simple: des marqueurs sont placés sur des acteurs dont on filme le jeu sur un plateau entouré de caméras spéciales enregistrant leurs gestes. Les marqueurs envoient l'information des déplacements sur un ordinateur pour qu'un programme puisse les transmettre à son tour sur des personnages virtuels.
L'équipe du film assure aussi avoir mis au point une technique jamais utilisée auparavant qui consiste à capter les expressions des yeux. D'où une impression de réalisme renforcée aussi par l'éclairage qui montre les personnages, dessinés à l'encre de Chine, perpétuellement entre ombre et lumière.
"Si j'avais dû tourner 'Renaissance' en prises de vues réelles avec de véritables décors, le film aurait coûté 200 millions d'euros. Ici, nous avons une centaine de personnages, 90 lieux, une course-poursuite dans Paris. Cela aurait été impossible à réaliser sans la Motion Capture et la 3D", explique Christian Volckman, le réalisateur du film.
Le producteur canadien Jake Eberts, un spécialiste de l'animation qui a notamment travaillé sur "Chicken Run", a affirmé pour sa part qu'en voyant le pilote de 4 minutes 30 du film, il avait pensé à une sorte de "Matrix en animation".
Un studio a été créé en France pour la production de ce long métrage. Entre 45 et 170 personnes y ont travaillé selon les périodes. Et si le film a mis sept ans à être réalisé, il semble que sa sortie soit d'ores et déjà assurée en Amérique du Nord grâce à Miramax.
Le succès devrait être au rendez-vous, avec ce polar bien ficelé doté d'un bon scénario, ultramoderne sur le plan technologique mais qui présente également quelque chose de rustique grâce au recours au noir et blanc. On n'oubliera pas non plus la musique, composée par Nicholas Dodd, au service de l'intrigue.
Enfin Paris, qui sert de décor au film, est aussi un véritable personnage. La capitale française est véritablement réinventée, en pensant à ce qu'elle pourrait devenir d'ici cinquante ans. On découvre Montmartre, la Tour Eiffel et Notre-Dame dans des ambiances tout à fait surprenantes.
Ce film, qui devrait plaire autant aux adultes qu'aux adolescents, prouve en tous cas que l'animation française n'a plus rien à envier à celle qui se produit aujourd'hui de l'autre côté de l'Atlantique.