La rencontre, organisée par la fédération des anciens élèves des lycées de Tanger, a été l'occasion pour magistrats et journalistes d'échanger leurs points de vue sur un sujet de grand actualité et de décliner les meilleurs moyens de concilier le soucis d'accès à l'information pour le journaliste et les obligations du magistrat de veiller sur les conditions d'une justice équitable et indépendante.
Intervenant à l'ouverture de cette rencontre, le procureur général près la cour d'appel de Tanger, M. Hassan Daki a affirmé que la relation entre la presse et la justice, qui constituent d'importants
indicateurs pour l'Etat de droit et la démocratie, ne sauraient souffrir de conflits ni de dérives si toutes les parties sont soucieuses du respect de certains principes universels fondamentaux.
Dans le traitement journalistique des affaires en cours devant la justice, il s'agit de concilier l'acte d'informer avec le respect du secret de l'instruction, la présomption d'innocence, l'indépendance de la justice, la primauté de la loi sur toute autre considération et les conditions nécessaires pour un procès équitable, a-t-il dit.
La surmédiatisation de certaines affaires représente parfois le risque d'influencer le déroulement normal du procès et de porter atteinte aux droits des justiciables, a-t-il souligné. Et de conseiller la retenue devant la tentation du "scoop" en faisant preuve de responsabilité et de rigueur dans la recherche et le traitement de l'information.
De tels débats entre les deux corps de métier sont de nature à dissiper les malentendus, faire le point sur les principes fondamentaux qui doivent présider à l'établissement d'une relation saine et sereine entre les deux parties, a-t-il affirmé.
Pour sa part, le procureur du Roi près la cour de première instance de Tanger, M. Abdelkarim Chafii a traité la délicate question du "Secret de l'instruction et le droit d'accès à l'information".
Si les deux principes sont universellement reconnus, le journaliste est appelé à se référer à une éthique rigoureuse et au respect des dispositions de la loi à ce sujet en vue de prévenir toute atteinte aux droits des justiciables, tels la présomption d'innocence et le bon déroulement de l'instruction, a-t-il indiqué.