Cette exposition, dont le thème est "Nour" (lumière), est le résultat d'un travail de recherche inspiré par des visites de différents cimetières marocains et français et d'orientation spirituelle. Les oeuvres ainsi accrochées révèlent par leur originalité la vocation
picturale d'un peintre, également, professeur d'arts plastiques vivant et travaillant à Azzemour.
Les toiles, exhibées dans cette exposition organisée par l'institut français, sont l'expression d'un travail minimaliste et d'une palette où la couleur noire domine pour donner un éclat lumineux à la totalité de l' uvre.
Chercheur de la matière, de la composition et de la couleur, Zine El Abidine Amine expose actuellement dans la capitale spirituelle du royaume pour révéler les sources de son inspiration, celle du Maroc pays de la lumière, des couleurs omniprésentes dans les villes et villages qui ont une histoire à raconter.
Choisissant cette fois-ci, les cimetières comme objet de son travail plastique à la suite de la perte d'un parent, l'artiste fasciné par ces lieux a voulu rappeler qu'ils possèdent, et ce quelque soit la culture, un caractère sacré.
"Gravés dans le marbre ou le granit ou façonnés dans le bronze, tous les témoignages post-mortem qui meublent l'espace du cimetière m'ont imprégné de leur beauté au point qu'ils s'imposent aujourd'hui à moi comme la référence et la source d'inspiration dans la nouvelle démarche artistique que j'ai décidé d'entreprendre", confie le peintre.
Dédiés à la mémoire, les cimetières, écrit le critique d'art Moulim Laâroussi à propos de l'exposition de ce peintre prometteur, ont déjà fait l'objet de représentations graphiques ou iconiques qui sont, au-delà de leur symbolisme, des oeuvres d'art à part entière. Les cimetières, point focal de l'exposition de Zine El Abidine El Amine réunissent donc à la fois cette symbiose entre le spirituel et l'esthétique, le sacré et le beau.
C'est pour cette raison qu'à travers la recherche présente, les tableaux, souligne Laâroussi, sont le reflet d'un pèlerinage et d'un recueillement sur les êtres disparus quelque soit leur confession mais aussi sur des personnages illustres qui reposent aujourd'hui après s'être distingués dans différents domaines des arts et de la connaissance. Par ailleurs et d'emblée, le travail de Zine El Abidine El Amine se présente sous la perspective chromatique. A partir d'une couleur, il semble vouloir construire tout un conte spirituel dans ses tons et ses rapports sur la toile. Travaillant exclusivement à l'acrylique, le peintre combine les pigments
tout en les remontant et en les poussant à la limite de leur possibilité.
Cette tendance donne parfois un travail dense et obscur où la lumière s'absente et s'éteint, explique Moulim Laâroussi. Afin de donner une lisibilité à sa peinture et de l'éclairer aussi bien pour l'oeil que pour la lecture, Zine El Abidine El Amine introduit des éléments graphiques et architecturaux comme pour donner un équilibre rythmique à sa toile qui n'a nul besoin d'une lecture intellectuelle. Lauréat de l'école technique des arts plastiques de Casablanca, ce jeune artiste peintre, qui a participé à différentes expositions au Maroc et à
l'étranger, est aussi un animateur culturel à l'université Hassan II de Casablanca.