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Le 7ème Ciné - plein air
Habib ABOURICHA - Le septième cinéma en plein air de Marrakech n'est pas le bon. Fût-il estampillé FIFM.Flash-bach sur une séquence méconnue de l'histoire du cinéma au Maroc.
Habib Abouricha
Marrakech en avait rêvé, nous l'avons fait…à Rabat Bienvenue dans l'univers du cinéma en plein air. Au siècle dernier, les quartiers de Marrakeh et les exploitants des salles cinématographiques rivalisaient pour offrir au public le spectacle estival par excellence. Aux USA le modèle du cinéma en plein air s'est développé jusqu'à son aboutissement au cine-car où le spectateur profite de sa voiture qu'il ne quitte pas, qu'il gare face au grand écran pour regarder un film, manger, batifoler… Transposé dans la Ville des Sept Saints, au quartier Zaouïa, près du saint Homme Sidi Belabbes Sebti, le cinéma en plein air, Marhaba, est un cas d'école. On y entre en vélo. On s'installe sur des nattes ou sur des bancs sommaires. On apporte sa boisson, son repas, ses friandises et même son sebsi (le calumet local de la paix) Bref, une vraie n'zaha nocturne, une sortie festive au clair de la lune dans la nature.
Jamâa El Fna, soir d'hiver. Quel programme au menu ? - Ph. Moulay Abdallah Alaoui
L'interdiction de faire entrer tanjias et théières, bien qu'affichée à l'entrée du cinéma, n'a jamais empêché les habitués de Marhaba, de transformer cet espace et son temps de projection des films en un lieu de pique-nique et en un moment de grande détente et de divertissement. Le spectacle était aussi, et surtout, dans la salle et pas seulement sur le mur d'images en mouvement. De l'autre côté de la médina, près du lycée Mohammed V et de Darb Dabachi sur la rue Trik Boulaâbada le mini-complexe Azzohra témoigne… encore d'une époque où se fréquentait avec assiduité son fameux cinéma en plein air aux sièges métalliques et au coussins si particuliers. Théâtre et musique étaient, parfois, programmés. Comme au Caire. Ou à Rabat, à la fin des années 80, le Festival Ciné-Jeunesse au parc de la Wilaya. Avant dernière salle en médina à quelques pas de la place Jamâa El Fna, au quartier kennaria, le cinéma Eden, dont subsiste encore des vestiges, présentait sans aucun doute, le choix le plus approprié pour un public populaire composé de jeunes du Mellah (quartier juif) tout proche et de ruraux de passage à Marrakech. Bien en marge du FIFM, les films berbero-ayouch étaient aux affichettes-oubliettes de l'Eden. Au Guèliz, trois cinémas plein air se réservaient le public européen. Alignées sur la même arrière (l'actuelle rue de Yougoslavie) les salles Roxy, Paris et le Palace formaient pour les membres de la colonie française obligés de passer l'été dans la Cité Rouge, un centre d'animation attractif avec bars, magasins, hôtel, rôtisserie, grillades... et son 14 guillet. Contrairement aux spectateurs de la Médina, qui avaient droit, chaque soirée à deux films (dont généralement un mélodrame égyptien), ceux du Gueliz se contentaient d'un long métrage (en version obligatoirement française) accompagné de films de dessins animés (ou rarement un court métrage documentaire) de bandes annonces,d'actualités cinématographiques « métropolitaines » et de publicité (Havas) . Economiquement parlant ces salles de cinéma en plein air constituaient une opportunité de travail pour des artisans (peintres, menuisiers, ferronniers, cordeliers d'alfa, électriciens, plombiers, jardiniers…) des emplois saisonniers (guichetiers, projectionnistes, placeurs, sécurité, nettoyage, publicité…) et des recettes conséquentes pour des commerces avoisinants. Au cœur de cette activité les distributeurs de films et les exploitants de salle en bons connaisseurs du cinéma, arrivaient à fidéliser leurs publics, français ou marocains. Il était même fréquent d'aller voir le même film, à l'affiche pendant une semaine seulement, plus d'une fois, en groupe ou en famille. De cette nostalgie, le Festival International de la Jeunesse et de la Musique (FM 86 prix Onusien Messager de la Paix en partage avec Marrakech) nous avait parmis de décliner timidement son volet cinématographique (Films Musicaux). Mais c'est à Rabat, il y a vingt ans que nous avons donné au cinéma en plein air ses lettres de noblesse avec le Festival International Ciné-jeunesse. Véritable fête du cinéma au parc de la wilaya, il était devenu le lieu de rendez-vous des cinéphiles, des cinéastes et de vedettes internationales. A Ouagadougou on ne fait pas autrement. A Bruxelles puis à Paris et ailleurs en Europe, le cinéma en plein air se retrouve peu à peu en ciblant la jeunesse, l'été. Retour à Marrakech ave le FIFM qui s'est focalisé par ailleurs, sur la place Jamaâ El Fna, après avoir essayé le Palais Al Badiâ et le Théâtre Royal écartés l'un et l'autre, pour absence de climatisation et de confort. N'est-il pas anormalement irrespectueux d'installer à Jemàa El Fna sur cet espace, patrimoine oral universel tout un dispositif médiatique sans aucun respect pour les règles élémentaires de la diffusion cinématographiques : un siège par spectateur, une protection contre les nuisances sonores extérieures, une climatisation appropriée… Imaginez qu'on vous invite à voir debout « Autant emporte le vent » le 11 décembre à 21h à la place Jamaâ El Fna ! Aux uns le ciel étoilé du froid glacial continental et aux autres le douillet palais et des Congrès de Marrakech ! Tout simplement abracadabrant ou scandaleux selon que vous soyez aux premières loges ou parqués avec les badauds déconsidérés et agréables a merci pour amuser la galène. A moins que ça ne soit de l'incompétence maquillée de courtisanerie, se contentant d'effets d'annonce. Aux risques d'inconforts et d'insécurités s'ajoutent des programmations peu compatibles avec une diffusion sur la grande et unique place publique du monde arabo-musulman. Impardonnable même pour des amateurs ou pour un coup d'essai, cette fête gâchée mérite un repositionnement maîtrisé, responsable et créatif. Ainsi donc, ce 7ème ciné plein air de Marrakech, inconfortablement collé à Jamaâ El Fna, demeure le parent pauvre ... et froid du 7ème FIFM. Faut-il souligner encore que dans la Cité Rouge des 7 Saints, le cinéma en plein air n'a été, et ne peut être qu'estival.
A moins que les gargotiers de Jamaâ El Fna et le cinéma du FIFM ne se rapprochent entre eux offrant au public une situation de choix avec au menu, films au gingembre, ginsengs, pois chiches au piment et autres boissons et plats aux ingrédients chargés de réchauffer les corps etles âmes des spectateurs. Aux endroits chics avec une vue imprenable sur la toile, la vodka et les liqueurs fortes (mahia locale comprise) feront la différence Gueliz-Médina. Chacun y trouvera.. enfin son compte. Faites le joint ou réclamer une commission. Voir un film à 7 degré, et même en burnous, quelle plaisanterie !
1. Posté par
Najat le 19/02/2008 15:25
salut ca va
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