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Le Coiffeur, le Minaret et le 7éme FIFM 2007


Habib ABOURICHA : Habib ABOURICHA - Marrakech et ses compétences sont mises à rude épreuve par les organisateurs étrangers et les appariteurs locaux du FIFM. Un conte connecté sur de hautes fréquences. Récit partiel


Les uns mènent les autres en bateau, tandis que les boucs émissaires de la manifestation, se recrutent exclusivement dans les rangs d'authentiques Marrakchis. Victimes de leur serviable générosité, ceux-ci expient les fautes de leurs collaborations éculées. Alors que le Festival International du Film se fait vendre au nom de Marrakech, les Marrakchis, même réduits aux  rôles de figurations et d'appoints, ne sortent pas indemnes de cette étrange transaction. Les médias de la place ne sont pas seulement logés à la même ridicule enseigne, mais ils font l'objet d'un traitement si particulier, qu'il constitue une source de malentendus et D'antagonismes entre les journalistes eux-mêmes, et leurs supposés encadrements.

Avant comme après le déploiement morose de la 7ème édition du FIFM (7-15 décembre 2007) les rumeurs les plus folles se propagent aux rythmes diffamatoires de prétendus journalistes et de leurs "honorables correspondants" auprès de cabinets princiers, ministériels et autres (wilaya, services de renseignements, etc...). Au lieu de se contenter de grommeler des injures contre ces étrangers, qui font plus de mauvais temps que de pluie, ou vis à vis de ces intrus, qui désertent les films pour faire leur cinéma dans les réceptions privatives. Ces faux festivaliers tentent de discréditer le maillon faible de l'organisation.
 
Les marocains originaux de l'espèce marrakchie, fière de ses racines, allergique à tout système  de production caidale, sont leur cible expiatoire.

 Habib ABOURICHA
Habib ABOURICHA
Les exclus se rebiffent

Après les mauvaises expériences des précédentes éditions (impromptus aux palais; artisans à la place d'artistes ; informateurs non patentés mais porteurs de badges de presse) la direction étrangère du FIFM frappa d'une pierre deux coups: une liste noire excluant justement et aveuglement certains habitués du festival et un interface marrakchi servant de fusible. N'ayant aucun pouvoir de régulation vis à vis de ses concitoyens et confrères, il est lancé dans le néant ! Diviser pour régner ! L'incompétence et le mépris comme armes. Ce stratagème se lit sans difficulté dans le Guide Pratique du 7ème FIFM.

Page 94 : "Le badge nominatif vous donne plein accès au Palais des Congrès"  mais " veuillez noter que les cérémonies sont accessibles uniquement sur invitation personnelle ". Le ridicule parisien!

Page 97 : Directeur : Bruno Barde, assisté entre autres par un Service de Presse Internationale (Alexis Delage-Torel, Agnès Leroy, Anneliste Landureau, Céline Petit, Clément Rebillat.) Un service de Presse Maroc et Langues (!) Arabes (P.R.Média).

Bref les Gaulois sont partout. De Melita Toscan du Plantier à Public Système Cinema, en passant par des fonctions protocolaires, de relations publiques, de régies, de décoration florale, de projections et de transports. Tout  se joue entre copains d'une certaine France. Pas la meilleure en tout cas ou la plus généreuse. Celle des petits néo-colons! Mais ça c'est une autre histoire!

Inculture festivalière

A moins que ces choix organisationnels, qui auraient dû focaliser l'attention des autorités compétentes marocaines, ne soient au centre de rapports circonstanciés. Effectivement au lieu de s'intéresser  aux  qualités des films et des invités, on nous oriente vers des palabres byzantines sur  le quota des invitations réservées aux marocains. Un nombre tellement incapacitant et absurde qu'il ne laisse d'autres choix aux "indigènes" que  l'indifférence très digne ou la bataille de pacotille pour la survie  mondaine. Quitte à marcher sur le corps du facteur officieux chargé de distribuer au compte-goutte les invitations. Pas les enveloppes. Car celles-ci, c'est encore ... une autre histoire. Une halka de contes prochainement sur vos ecrans. Internet.

Voila donc que se mélangent les pistes des "enveloppes" et de la "Couverture», des accès aux films  et des invitations aux soirées bien arrosées, des chemins ou s'entrecroisent les normes festivalières et approches des autorités de tutelle des manifestations publiques ne sont pas encore tracées. La communication servira à la fois, dans ce contexte, de trait d'union entre ces pistes et de révélateur de bonne gouvernance, c'est à dire, ici, de gestion événementielle, d'audits sans complaisance et  d'anticipation en matière de marketing territorial nous en sommes loin. Si Marrakech n'est pas à vendre, il faut bien se rendre compte que les Marrakchis, qui se prêtent parfois au jeux de certains étrangers (à la culture et aux valeurs de cette ville) ne sont pas, non plus, des objets de bazars.

Alertés par la presse sur l'existence d'une "liste noire», et par la rumeur sur la présence crétine d'infiltrés inconsidérés en haut lieu, les observateurs les plus avertis affirment qu'il y a manipulation et collusion.

Afin de faire perpétuer un système de l'imposture qui permet surtout, à  certains le libre accès aux activités qui font l'actualité de la ville ces intrus s'offrent inadéquatement les tables les plus courues de la jetset locales.

Et voila que l'on s'interroge pour savoir si "boire aux frais de la  princesse" peut être compatible avec le déplacement en service ou en reportage. Journalisme et quête de l'information que de " crimes " maladroits sont commis en votre nom!

Com.Com.Com...

En clair : dans l'univers médiatique et des mondanités du FIFM, ceux qui n'ont pas trouvé de "bonne" place ont volontairement intercalé la séquence du "méchant", le chargé de relations presse locale en tant qu'auteur de critiques violentes, donc succeptibles de "nuire à l'image " de Marrakech et de son aura régional ! Rien que du cinéma ! Pauvre confrère ! Lui qui ne cesse de s'impliquer dans son devoir citoyen.

Lui qui s'est forgé une réputation internationale de source crédible sur la communication touristique. Lui qui participe, sans mandat, à l'animation valorisante de l'image de la Cité Rouge lui risque d'être fragilisé par des scénarios élaborés par les chasseurs clandestins de cartons d'entrée au FIFM et autres manifestations similaires. Lui qui n'égorge même pas son mouton de l'Aid, sera-t-il sacrifié sur l'autel à paillettes du FIFM ? Quoi qu'il en soit , si le minaret du FIFM se déstabilise ou penche d'un coté ou d'un autre, ce n'est nullement une raison pour inciter les champions de l'ordre établi à pendre haut et court le coiffeur si gentil de ces gens de la presse.
 
Bien au contraire, il faut profiter de cet emballement pour définir le rôle de chacun dans la professionnalisation de la communication de Marrakech et de la médiatisation des évènements qui se déroulent dans la Ville des Sept  Saints. Sa Mairie, sa Fondation des Festivals, sa Wilaya et son CRT sont "invités" à résoudre l'équation Marrakech/Com avant de tomber sur la com/crise. Producteur de sa propre image, Marrakech ne tolèrera point que ses messagers de la convivialité et e la paix soient préoccupés alors que les véritables urgences sont ailleurs.

Vue de Rabat, Casablanca ou des destinations européennes branchées sur Marrakech, l'approche de l'encadrement festivalier de cette ville magique fait bien rire. Pourvu que cette démarche de professionnalisation de la communication préconisée s'inscrive déjà à tirer les leçons l'histoire de  l'actualité et que toutes les conversations se reportent, par exemple, sur la sauvegarde de notre patrimoine culturel et le développement des potentialités locales. Ne faut il pas refuser le remake aléatoire du film du minaret et du coiffeur ?

Habib Abouricha
Lundi 14 Janvier 2008

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