Ceux qui ont été des visiteurs assidus du festival Ecrans noirs au cours des dernières années, n'ont certainement pas oublié "Les couilles de l'éléphant". Le film du Gabonais Bididi Koumba, avec la belle franco-Ivoirienne Nadège Beausson-Diagne, et dont le titre faisait pouffer de rire. Le réalisateur, la comédienne et le film seront présents à Yaoundé dans le cadre des dix ans du festival organisé par l'association Terre africaine.
Mobutu roi du Zaïre de Thierry Michel, Lumumba de Raoul Peck, Le ballon d'or de Cheik Doukouré, Kini & Adams d'Idrissa Ouedraogo, autres films de légendes, autres moments forts du cinéma africain et du festival Ecrans noirs, devront également contribuer à marquer d'une pierre blanche l'événement qui va se tenir à Yaoundé du 27 mai au 4 juin 2006.
Pour cette année 2006, le festival a en effet choisi de faire un clin d'oeil au passé. De faire revivre "10 ans de bonheur, 10 ans de partage, 10 ans d'émotion". Mais la programmation de cette édition, même si elle n'est pas encore bouclée, fera la part belle aussi à des réalisations récentes, venues d'Afrique et d'ailleurs. On peut ainsi évoquer Congo River, la dernière production de Thierry Michel. On attend aussi U Carmen, la dernière adaptation du célèbre opéra de Bizet, par le réalisateur sud-africain Mark Dornford-May.
Comment ne pas parler également, coté camerounais, de Sisters in law, coréalisé par Florence Ayissi avec l'Anglaise Kim Longinotto. Le documentaire, qui a été tourné dans la ville de Kumba au Cameroun, et qui a été sélectionné dans plus de 90 festivals, dont la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes 2005.
D'autres films camerounais sont également cités : Public Order de Tchaya Tchameni, Kadara de Zakirou Yaou, le rêve brisé d'Axel Patoudem, Nous ne sommes plus morts de François Woukouache, ou encore La Déchirure d'Alphonse Beni. Mais aucune trace du dernier film de Jean Pierre Bekolo, Les Saignantes, dont l'avant-première a eu lieu il y a deux semaines.
"Le film camerounais, le film d'Afrique centrale est prioritaire. Si l'auteur veut, le film passera", a indiqué Bassek Ba Kobhio mardi dernier, au cours de la première conférence de presse en prélude à l'événement. Il a surtout indiqué qu'il n'avait aucun problème avec le réalisateur des Saignantes et rappelé que si le film n'avait pas été diffusé l'année dernière, c'est parce qu'il n'était pas prêt.
A côté de la rétrospective qui marquera l'une des particularités du dixième anniversaire des Ecrans noirs, on annonce également un changement de lieu. Le village du festival sera cette année installé au Musée national à Yaoundé, qui offre plus d'espace. Quant aux projections, elles se dérouleront dans six lieux différents: le Palais des congrès, le cinéma Abbia, le Centre culturel français de Yaoundé, l'amphi 500 de l'université de Yaoundé II à Soa, l'amphi 700 de l'université de Yaoundé I à Ngoa Ekellé et la salle d'animation de Nkomkana, toujours à Yaoundé.
Les autres opérations spéciales annoncées au cours de cet anniversaire sont un colloque animé par Gaston Kelman, une réunion des directeurs de festivals, un atelier sur l'adaptation cinématographique des oeuvres littéraires, ainsi qu'un stage pour journalistes de radio et de presse écrite sur la critique cinématographique. Côté partenaires, le comité d'organisation des Ecrans noirs est confiant. Le ministère de la Culture a promis son aide et "aucun partenaire n'a quitté la barque", a déclaré Bassek ba Kobhio.