Depuis le milieu des années ’80, il y a eu un véritable boom de la photographie en Chine, transformant progressivement la propagande en communication (beaucoup plus internationalement correcte) .
"En vingt ans, la photographie en Chine a accompli ce que la France a fait en 60 ans" affirme Chang He qui a obtenu un World Press avec son China Zoo à la Holga et dont PhotoQuai a exposé ses Glass Box (maisons closes) à Paris.
Ce photographe est, selon Huang Wen, la Chief Photo Marketing Analyst de Xinhua (Chine Nouvelle), celui qui représente la nouvelle photographie chinoise, celle qui expérimente, prend son indépendance et lâche totalement prise avec la photographie classique héritée de la révolution culturelle.
Une époque où tous les arts traditionnels étaient interdits hormis la photographie qui restait autorisée car Jiang Qing, la femme de Mao Tsé-toung, aimait la pratiquer. On ne pouvait pas chanter, danser, mais on pouvait photographier (même si c’était restreint au seul cercle privé)… Le cercle s’est aujourd’hui élargi, et la jeune génération - la cinquième depuis la république populaire - veut son indépendance; elle ne respecte pas plus ses aînés que la jeune garde rouge de la révolution culturelle.
Mais son moyen d’action est radicalement différent. L’image est le médium qui fera passer le monde dans son rêve conformément au slogan des JO. Le festival des Tops initié par Floris de Bonneville à Shengyan en est la clef. Premier festival du photojournalisme en Chine, il devient le symbole.
Au contraire des idées reçues, il n’y a pas eu la censure que beaucoup craignaient, les 120 sujets présentés par les éditeurs photos internationaux, couvrant toute l’actualité du photojournalisme ont été exposés pour la première fois en Chine.
Le faux village de Qimpanshan (la reconstitution d’une cité chinoise des années 20/30 destinée au tournage de films) qui accueille le festival, pourrait bien être un creuset des idées nouvelles.
La Chine veut enfin "présenter son propre point de vue sur sa société et son époque" estime la photographe transculturelle Jiong Zhu.
"Bien sûr les intérêts commerciaux sont tournés vers la photographie contemporaine, mais il est essentiel de rappeler l’importance du documentaire. Il nous faut regarder la réalité, c’est le centre de la photographie".