Réalisateur symbole du cinéma d'après-guerre, acidement qualifié comme le "cinéma de papa" par la Nouvelle vague, François Truffaut en tête, Jean Delannoy a réalisé de grands classiques du cinéma français, adaptant de grands auteurs notamment André Gide, Jean Cocteau, Victor Hugo ou encore Georges Simenon.
Nicolas Sarkozy a salué la mémoire d'un "immense réalisateur qui a consacré sa vie, avec succès, à sa passion de l'art", et dont les "oeuvres continueront à nous enchanter". "Au-delà du grand artiste, c'était un homme d'une grande intelligence, alerte et pertinent, fidèle en amitié", souligne le président dans un communiqué.
Né le 2 janvier 1908, Jean Delannoy a hésité entre plusieurs orientations -journaliste, décorateur, démarcheur de banque- avant de plonger dans le monde du cinéma où il a été tour à tour monteur et acteur avant de passer à la réalisation et de participer régulièrement à l'écriture de ses scénarios.
Débutant sa carrière de réalisateur par le court-métrage, il a beaucoup tourné dans les années 40 et 50, notamment avec ses acteurs fétiches Jean Marais, Jean Gabin et Michèle Morgan.
Sur un scénario de Jean Cocteau, il a revisité le mythe de Tristan et Yseult dans "L'Eternel retour" (1943), ou signé "Le Bossu".
En 1946, il est couronné du Grand prix du festival de Cannes pour "La symphonie pastorale", et quatre ans après à la Biennale de Venise (1950) avec "Dieu a besoin des hommes". Il a alors enchaîné les succès comme "Notre-Dame de Paris" (1956), avec Anthony Quinn et Gina Lollobrigida, "Maigret et l'affaire Saint-Fiacre" (1959), où Jean Gabin incarne le célèbre commissaire de Simenon, ou encore "La Princesse de Clèves" (1960) avec Marina Vlady.
Chahuté par les jeunes réalisateurs de la Nouvelle vague, qui le jugent trop académique, Jean Delannoy a continué à tourner jusqu'au début des années 90. Il avait tourné pour la dernière fois en 1994, dans "Marie de Nazareth", dernier volet de sa "trilogie religieuse" avec "Bernadette" (1987) et "La Passion de Bernadette" (1989).
En 1986, il a reçu un César d'honneur remis des mains de Michèle Morgan. Membre de nombreuses institutions dédiées au cinéma, il était président de l'Académie nationale du cinéma et grand officier de la Légion d'honneur, Grand-croix de l'ordre national du mérite, et commandeur des Arts et des Lettres.