PARIS (AFP) - Le festival international de photojournalisme, "Visa pour l'image", entame ce samedi sa vingtième édition à Perpignan (sud), avec au programme des expositions de grands noms de la profession mais aussi toute une réflexion sur les bouleversements que celle-ci a pu connaître.
L'Américain David Douglas Duncan, qui compte parmi les plus grands photographes du XXème siècle, présentera ses travaux sur la guerre de Corée (1950-53). Il y aura également les photos de Göksin Sipahioglu: avant de fonder l'agence Sipa en 1973, il avait été l'un des grands photographes de mai 68, avec son regard d'étranger (Göksin Sipahioglu est d'origine turque) sur les événements parisiens.
Autre grand nom du photojournalisme: Horst Faas, qui a travaillé de 1956 à 2004 pour l'agence américaine AP. Quelques unes de ses plus fortes photos en 50 ans de carrière, notamment celles prises au Vietnam, seront présentées.
Dans l'exposition "Retour sur 20 ans d'actualité", l'Agence France-Presse présente les travaux de plusieurs de ses photographes, en France et ailleurs dans le monde depuis 1989.
Un hommage est en outre rendu à la reporter Alexandra Boulat, décédée en octobre à 45 ans. Ses proches présentent ses clichés préférés.
Plus près de l'actualité, Jan Grarup exposera ses travaux sur le Darfour et le Tchad; Stanley Greene, sur la route de la soie devenue un lieu de prédilection pour le trafic de l'opium; Yuri Kozyrev et Paolo Pellegrin sur l'Irak... L'Afghanistan, la République démocratique du Congo, le Tibet seront également au centre d'expositions.
Trois grands prix, les Visa d'or news, magazine et presse quotidienne, seront attribués au cours de la semaine professionnelle, du 1er au 7 septembre. Des colloques seront en outre organisés, les 4 et 5 septembre, sur la crise que traverse le photojournalisme.
Une crise qui n'empêche pas le festival de connaître un grand succès: en 20 ans, plus d'un million de personnes ont visité quelque 600 expositions.
Le fondateur et organisateur de "Visa pour l'image", Jean-François Leroy, se souvient de ses motivations pour créer ce rendez-vous: "Nous étions fatigués de voir les festivals de photo qui existaient et qui traitaient toujours le photojournalisme comme un accessoire", explique-t-il sur le site de "Visa".
Aujourd'hui, il déplore que les photographies soient "de plus en plus uniformisées". "Tout est pipolisé, tout est aseptisé, on nous dit +Il ne faut plus montrer de violence, mais du people+", assure Jean-François Leroy. "Pendant des années, on nous a parlé du devoir d'histoire, puis du devoir de mémoire, parlons aujourd'hui du devoir de voir et de regarder", ajoute-t-il.
Les photographies peuvent mentir, choquer, bouleverser... susciter la controverse. A travers 80 clichés inconnus ou célèbres, le musée lausannois de l'Elysée retrace une histoire juridique et éthique de la photographie
Elle avait surtout contribué à faire parler des campagnes Benetton mises en scène par le provocateur Oliviero Toscani, finalement remercié en 2000.
Cette image, le musée de l'Elysée, à Lausanne, l'a choisie pour illustrer sa nouvelle exposition «Controverses. Une histoire juridique et éthique de la photographie», à voir jusqu'au 1er juin.
Interdite en Italie sous la pression du pape et du Vatican, cette photo ne l'a pas été en France, en dépit des plaintes d'associations religieuses. Elle illustre donc à quel point le contexte socio-culturel joue un rôle dans l'interprétation et l'évaluation juridique d'une image, et ceci depuis les origines de la photographie.
Inventée officiellement en 1839, la technique de la «peinture avec la lumière» a d'emblée soulevé un vaste questionnement auquel l'esthétique, mais aussi la morale, l'éthique, et bien souvent la justice, n'ont aujourd'hui pas fini d'essayer de répondre.
Sensibles s'abstenir
A cet égard, la «Kissing-nun» de Toscani, malgré sa charge subversive, est l'une des photographies le plus aisément regardable de l'exposition. Déconseillée aux âmes sensibles et aux moins de 16 ans, la visite commence par un avertissement dispensé de vive voix par la personne qui vend les tickets d'entrée.
Devant les yeux noirs et tranquillement désespérés de la jeune Colombienne Omayra Sánchez, prise au piège d'une coulée de boue en 1985 et décédée devant les objectifs le visiteur se sent sombrer dans le voyeurisme impuissant. Comme devant cet autre cliché qui a fait le tour du monde, «Vautour guettant une petite fille en train de mourir de faim», saisi en 1993 en pleine guerre civile au Soudan.
Indispensable point d'accroche dans la mise en scène très sobre de l'exposition, la notice explicative qui figure au-dessous de chaque image ne constitue pas toujours une planche de salut suffisante.
Celle qui figure sous la photo de la petite Soudanaise invite à réfléchir sur la frontière entre devoir d'information et non-assistance à personne en danger. Elle indique aussi que son auteur, le photographe Sud-Africain Kevin Carter, Prix Pulitzer en 1994, s'est suicidé après avoir consacré une grande partie de sa vie à photographier les exactions commises au nom de l'apartheid.
La nudité enfantine en question
En réalité, c'est le problème des limites qui est posé tout au long de l'exposition. A sa façon, chacun des quelque 80 clichés retenus interroge à la fois la subjectivité du visiteur et les normes en vigueur dans la société.
Le premier scoop photographique de l'histoire, le chancelier Bismarck sur son lit de mort, a ainsi longtemps été censuré tant il était déshonorant pour le prestige posthume de l'unificateur de l'Allemagne. Quant à ses auteurs, ils ont été emprisonnés. Aujourd'hui pourtant, le visage défait du grand homme suscite un intérêt empreint tout au plus de compassion.
Au fil du temps, certaines images ont perdu leur pouvoir de subversion. D'autres en revanche en ont acquis. Comme ces quelques photographies qui exposent la nudité enfantine et qu'on ne peut s'empêcher de regarder à travers le filtre du débat actuel autour de la pédophilie.
«Ce sont les clichés qui suscitent le plus de questions. Ce qui est intéressant, c'est que dans les années 70, ils ne posaient pas problème, hormis peut-être pour des enjeux commerciaux liés aux contrats. Aujourd'hui, ils sont lus très différemment. On amalgame beaucoup plus facilement représentation d'enfants et abus sur les enfants», explique Daniel Girardin, conservateur du musée de l'Elysée.
Détournement politique
Et c'est là qu'interviennent les enjeux juridiques. Pour respecter la loi qui interdit toute publicité directe ou indirecte en faveur du tabac, la vénérable Bibliothèque nationale de France est par exemple allée jusqu'à faire disparaître le mégot que Sartre tenait entre ses doigts sur l'affiche et le catalogue de l'exposition organisée pour le centenaire de sa naissance.
Un «sanitairement correct» qui a pour corollaire beaucoup plus grave les fameux effacements dont étaient victimes les dissidents du régime soviétique. Car l'accrochage du Musée de l'Elysée s'arrête aussi sur le détournement politique des images.
Prise du Reichstag par les Russes, faux charniers de Timisoara, prisons d'Abou Ghraïb, la pratique reste d'actualité du noir-blanc à la couleur. En écho à l'exposition consacrée aux «Images mensongères» au Musée de la communication de Berne, les clichés posent la délicate question de la manipulation.
«Aujourd'hui, tout le monde veut contrôler les images. Le photographe bien sûr, mais aussi celui qui les possède, les utilise, les réutilise, voire les manipule. En définitive, depuis le début, une photographie a toujours du sens et elle est toujours au centre d'une question de pouvoir», souligne Daniel Girardin.
Dans son commentaire de l'exposition, il a d'ailleurs choisi de citer Bill Gates - «Celui qui contrôle les images contrôle les esprits» - en écho à la critique de la marchandisation et du consumérisme à laquelle Guy Debord se livre dans «La Société du Spectacle».
swissinfo, Carole Wälti
dossier_presse_Controverses_FR.pdf
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En partenariat avec le Service d'Animation et de Proximité de la Ville d'Arles et l'Atelier de Création de la Maison de quartier de Griffeuille, l'association Voies Off organise des ateliers de prise de vues photographiques dans le quartier de Griffeuille.
Ces ateliers centrés sur le portrait d'adultes et de personnes âgées, permettront aux enfants participants d'établir un dialogue, un échange, à travers la photographie.
Photographie qui sera prétexte à aller à la rencontre de l'autre. Il s'agit d'aborder de manière ludique les notions de politesse, de respect et de valeurs partagées.
Initier les enfants à un univers de technologie
Le support numérique permet d'approcher les nouvelles technologies, comme la retouche d'images sur le logiciel Photoshop, le travail sur ordinateur, le montage vidéo HD ou l'impression jet d'encre. Cet univers technologique captive les enfants.
Diffusion du travail des enfants lors du Festival Voies Off 2008
Les images réalisées lors des ateliers seront mises en valeur à l'occasion de la 13ème édition du Festival Voies Off, du 8 au 12 juillet.
Une série d'images grand format sera exposée pendant le Festival et un montage audiovisuel sera projeté sur grand écran lors de l'une des soirées, dans la Cour de l'Archevêché.
Et bien sûr, tous les participants aux ateliers, ainsi que leur entourage seront conviés au Festival.
Contact renseignements et inscription :
Maison de Quartier de Griffeuille : 04.90.18.95.03
Les Ateliers pédagogiques intergénérationnels, en bref
> > Quand ? De 14h à 16h30, du lundi au vendredi, pendant les vacances de Pâques - du 7 au 18 avril + d'autres mercredis du mois de mai et juin 2008.
> > Où ? À la Maison de Quartier de Griffeuille.
> > Pour qui ? Un groupe de 10 à 15 enfants âgés de 8 à 12 ans et résidants à Griffeuille.
> > Par qui ? François Duran, animateur du Service d'Animation et de Proximité de la Ville d'Arles – Patricia Richoux, responsable de l'Atelier de Création de la Maison de Quartier de Griffeuille – Mirabelle Gille et Frédérik Roussel, photographes intervenants de Voies Off.
> > Avec quels moyens ? 6 appareils photos numériques, 10 appareils photo jetables, 1 ordinateur, 1 vidéoprojecteur ; développements photographiques, montages audiovisuels ; le tout mis à disposition et réalisé par Voies Off.
À propos de Voies Off – Créée en 1996, l'association Voies Off, qui organise chaque année le festival du même nom, s'est depuis développée et a élargi ses activités liées à la photographie. Aujourd'hui Voies Off englobe :
- le festival Voies Off des Rencontres d'Arles, découvreur de jeunes talents - photographes.
Festival Voies Off 2008 : du 8 au 12 juillet, Cours de l'Archevêché.
- le laboratoire numérique pour les professionnels.
Prestations de numérisation, retouche, tirage fine art petit et grand format, finition.
- les ateliers de création et de techniques numériques.
- la galerie permanente de photographie contemporaine.
Prochaine exposition – Cécile Menendez – à partir du 15 mai 2008.
Contact Presse :
Personne de contact pour les journalistes :
Anaïs Ecuvillon
Responsable de la communication et du dévelopement
Voies Off
04.90.96.93.82
communication@voiesoff.com Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
http://www.voiesoff.com
Source : Categorynet.com (http://www.categorynet.com).

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