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Il est de ces photographes qui ne cherchent pas la notoriété, ni le succès commercial malgré une certaine aptitude à l'image appliquée. Né à Pittsburgh, il délaisse vite ses études pour rejoindre New York au tournant des années 1940-1950. Dans ce lieu de création intense où se croisent et s'expérimentent des recherches venues des horizons européens et américains, il rencontre Rothko et les expressionnistes abstraits, Faurer et Smith. Il découvre le travail d'Henri Cartier-Bresson. Mais ses images de rue ne témoignent d'aucune influence directe.

« Par la grâce de l’instant où son regard se tend, la couleur fait entrer en jeu de nouvelles fantaisies sensorielles »
« Par la grâce de l’instant où son regard se tend, la couleur fait entrer en jeu de nouvelles fantaisies sensorielles »
La Fondation Cartier-Bresson ouvre ses portes à Saul Leiter du 17 janvier au 13 avril 2008. L’occasion pour Actes Sud de publier dans sa collection Photo Poche une monographie sélective de l’oeuvre d’un artiste américain quasi inconnu dans l’Hexagone. C’est avec la peinture que Leiter fait ses armes dans l’univers des beaux-arts, avant d’entrer pleinement en photographie, dans les années 1940. Refusant la mode dominante du noir & blanc, il s’essaie dès ses premiers clichés à la couleur, accentuant les aspérités des décors urbains qu’il observe. Adepte de la street photography - littéralement photographie de la rue -, il saisit le mouvement, la réalité sans apprêt, jusque dans les clichés qu’il prend pour le célèbre magazine Harper’s Bazar. Neige, pluie, lumière diffuse sur la mythique New York, les variations climatiques impriment la pellicule de Leiter, artiste du reflet et des transparences...

Les soixante-quatre instantanés rassemblés ici illustrent le travail du photographe entre 1945 et 1964. Le panorama, bien que succinct, n’en a pas moins le mérite d’introduire une oeuvre d’une grande cohérence qui trouve de larges échos dans la peinture américaine, Hopper en tête. Saul Leiter a connu les heures de gloire de la photographie dans l’ombre d’objectifs plus “célèbres”. Ce précis sobre et efficace, éclaire son oeuvre d’une lumière qui aura mis presque 60 ans à percer.

par Thomas Flamerion Evene